"Les hommes qui poursuivent une multitude de femmes peuvent aisément se répartir en deux catégories. Les uns cherchent chez toutes les femmes leur propre rêve, leur idée subjective de la femme. Les autres sont mus par le désir de s'emparer de l'infinie diversité du monde féminin objectif."
En ce qui concerne les femmes, en tout cas, en ce qui me concerne, c'est exactement le mélange des deux. Par périodes cycliques qui se nourrissent les unes les autres. Mue par un esprit d'aventure et de découverte je cherche des raretés ou de nouvelles expériences. Mais au fond, si la différence entre deux de ces hommes est grande, la somme de tous donne une forme, sinon d'idéal, du moins de stéréotype. Une fois identifié je me mets à choisir des hommes en fonction de cet idéal. Mais aucun n'y correspond parfaitement et il en faut toujours d'autre pour le compléter. Jusqu’à ce que, étonnée de tant de différences entre les gens, je me remette à m’intéresser à la variété.
Mais, surtout, je cours après ce que malgré moi je fuis: la force, la violence, la domination physique et intellectuelle. Toujours je m'arrange pour choisir des hommes que je saurais maîtriser. Et de fait, qui me décevront.
"Sabina poursuivait ses réflexions mélancoliques. Et si elle avait eu un homme qui lui aurait donné des ordres? Qui aurait voulu la dominer? Combien de temps l'eût-elle supporté? Pas cinq minutes! D'où découlait qu'aucun homme ne lui convenait. Ni fort, ni faible"
Kundera dit que la déception qui rachète socialement ceux qu'il appelle les "obsédés romantiques". Moi, je me rachète vis-à-vis de moi-même par des périodes de culpabilité et de mélancolie.
"Le drame d'une vie peut toujours être exprimé par la métaphore de la pesanteur. (...)Mais au juste, qu'était-il arrivé à Sabina? Rien. Elle avait quitté un homme parce qu'elle voulait le quitter. L'avait-il poursuivie après cela? Avait-il cherché à se venger? Non. Son drame n'était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté. Ce qui c'était abattu sur elle, ce n'était pas un fardeau, mais l'insoutenable légèreté de l'être."
dimanche 4 novembre 2007
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