Hier, un homme m’a demandé :
-A ton avis, l’amour est-il une forme de connaissance ou de compréhension ?
-Une forme de mauvaise foi !
J’ai répondu très vite, comme une évidence.
Je sais bien qu’il a quelques années, j’aurais répondu tout autre chose. Et j’espère que très bientôt je trouverai cette pensée abjecte. Ou du moins infondée. Mais voilà, le souvenir que j’ai de mon amour, c’est un immense mensonge.
Aimer, c’est mentir et se mentir. On le sait, quand on déclare à son homme que l’on ne voudra jamais plus aucun autre sexe, on sait que c’est faux. Mais on y croit. Quand notre homme nous dit qu’il n’a jamais aimé aussi fort, qu’il veut passer toute sa vie près de nous, on sait que c’est faux. Mais on y croit. Je me souviens des mots que j’ai dit. Je me souviens les avoir pensés. Ce qui est important, ce n’était pas la vérité, mais l’envie qu’on a eu de se dire ses mots.
J’envie le moment où je savais me mentir suffisamment longtemps pour aimer.
Peut-être que la seule phrase d’amour honnête est « je veux un enfant de toi »
L’honnêteté intellectuelle n’existe pas.
C’est un vrai questionnement quand on commence un blog. Pourquoi le faire ? Qui va lire ?
J’ai peur qu’on me lise. J’ai peur qu’on ne me lise pas.
Dois-je donner ce blog à mes amis, à mes connaissances ?
Dois-je garder mon nom ?
Connaître son lecteur pose un effet quelques problèmes. Outre le fait qu’on écrit que la rémanence de soi, et de plus de façon fragmentaire, se pose la question du regard de l’autre. Certains amis attendent de vous tel ou tel façon d’être ou de penser. Et quoique je fasse, je me conforme à leurs désirs ou lassée, je fais exactement l’inverse.
Ecrire ce blog, c’est la tentative d’être au plus proche de mes sentiments au jour le jour. Ne pas me raccrocher à des écrits passés, travaillés.
Il m’arrive d’être dans des états de désespoir profond. De douleur incarnée. Je pleure, je crie parfois. Et puis j’ai soudain un regard sur moi. J’aime ma douleur. Elle ne me tuera pas. Elle me grise. Je sens qu’au fond de moi il y a un noyau inatteignable. C’est lui qui me fait dire que tout n’est que mauvaise foi. La chaire est atteinte, jamais le noyau.
Ça ne change rien à qui je suis.
Ce blog ne s’ouvre donc pas sans questionnements… mais au fond, ça m’est égal !
samedi 3 novembre 2007
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4 commentaires:
continues!:-)
Bise
Fabrice
Parlez-vous d'amour ou bien de passion ? L'amour n'a pas toujours à voir avec cette courte folie qui vient parfois nous torturer...
Quant au désespoir, à la souffrance, je dirais qu'il existe une forme de complaisance dans la douleur, une jouissance diraient certains. Alors on s'y accroche parce qu'au fond elle permet aussi de se sentir exister.
Bien à vous lire,
MB
En ce qui concerne la douleur, je ne parle ni d'amour ni de passion, je parle de la douleur existencielle qui nous traverse parfois, pour bien des raisons ou pour aucune. Je ne pourrais en parler plus longtemps tant j'en suis éloignée en ce moment.
Bonjour miss,
Petit coup d’œil à ton blog, après le pot de vendredi, par curiosité. Vraiment très beau, au sens très large. Le sujet est irrésistible : je post.
Rahhh l’amour… Plutôt une sublimation ? Une illusion ? Une mauvaise foi, une « foi » mauvaise, donc, pour toi qui en a souffert ? Mais, sur le moment effectivement, qu’y a-t-il de meilleure foi ? Dans nos couples de jeunes femmes : cette illusion de l’autre. Un temps.
Le problème c’est que c’est beaucoup plus dur d’y croire lorqu’on en parle de la sorte. Décristalliser le sentiment amoureux. Une fois en situation, décristallisation de l’objet de désir. Comment y croire ? En acceptant d’avoir la foi ?! Mais comment risquer l’erreur ? Le doute n’est pas toujours la vérité la plus épanouissante… Mais c’est pas grave. Pas grave car on m’a dit que l’amour, en vrai, c’est autre chose que la passion. C’est celui qui survit à la décristallisation. J’ai pas l’âge, encore ;))
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